Le blog des Îlets - Intervenants

Portrait d’intervenant #15

Nadine Béchade

Nadine © Claire GaudriotComédienne et intervenante sur  Cendrillon joué par l’option spécialité Théâtre des terminales du LEM et auprès des amateurs de la Petite troupe des 3 sœurs (aux cotés de Pierre-Yves Bernard).

Depuis quand interviens-tu sur des ateliers ?
Depuis le début. Quand j’ai débuté, j’ai beaucoup appris avec quelqu’un qui est pédagogue et metteur en scène. En même temps que des rôles dans ses pièces, il m’a confié la direction d’ateliers avec des collégiens ou des lycéens. Pour moi ça a été essentiel. Je sentais que je faisais des bonds dans mon apprentissage en transmettant moi-même… la transmission au sens organique du terme… dans la transmission s’opérait une forme de digestion…

Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?
Dans ma chambre de petite fille… Je jouais à faire du théâtre « drAmatique » alors même que je n’en avais jamais vu et que ma seule référence consciente était Au théâtre ce soir, du théâtre de boulevard filmé qui était diffusé à la télé, je crois une fois par semaine. Je m’endormais devant et je me réveillais en entendant les applaudissements…

Comment choisis-tu un texte, un thème ou un travail pour un groupe ?
Je choisis en fonction de l’âge des apprentis, de leur nombre et du temps de travail avec eux… ou des fois tout simplement en les regardant être ensemble, arrive la nécessité d’aborder un thème en particulier. Cette année par exemple avec le groupe de collégiens que je dirige, je sens que la question du genre serait comme une urgence… les garçons d’un côté, les filles de l’autre, avant même d’amener des textes, je travaille sur ces « conflits » au travers d’exercices…

Comment décrirais-tu ton travail avec les jeunes sur les ateliers ?
J’aime profondément faire ça. Je suis passionnée par la révélation de l’individu qui s’opère par la pratique du théâtre mais je travaille aussi beaucoup sur la responsabilisation par rapport au groupe. J’aime l’idée de travailler sur la constitution d’une micro société, conduite par le respect de soi et des autres en même temps que par le plaisir.

Quel est ton meilleur souvenir d’atelier ?
J’en ai un, magnifique : une petite collégienne à la première représentation de notre spectacle d’atelier, dans une scène chorale au tout début de la pièce (Hyperland de Michel Bellier) devant 300 autres collégiens de son établissement, qui vomit de peur sur le plateau et disparaît en coulisse aussitôt… tous ses camarades sur le plateau après un léger moment d’hésitation ont repris à leur compte tout le texte de celle qui s’était enfuie, avec à la fois un calme et une détermination incroyable. Ensuite profitant d’une pénombre au plateau, deux d’entre eux se sont entrepris de nettoyer tout ça. J’ai assisté de la régie médusée et j’ai pleuré, une émotion incroyable m’a submergée… à la deuxième représentation, le soir, tout est rentré dans l’ordre et elle a joué comme jamais.

Quel est ton meilleur souvenir de spectateur ?
La Trilogie des dragons de Robert Lepage… un tourbillon de 6 heures de poésie et d’aventures, un récit fleuve comme au cinéma mais avec la magie du théâtre, un grand choc…

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ?
Dans un atelier, j’aime sentir la curiosité sur les visages, la curiosité de l’inconnu… et quand je vais voir un spectacle j’aime de la même façon le moment où ça commence, où tout est possible.

Y-a-t-il un endroit que tu affectionnes au théâtre ?
Les loges sont très importantes. Quand j’arrive dans un théâtre je suis très attentive à l’accueil qui est fait aux artistes dans les loges, des petites attentions, que l’endroit soit douillet ou pas, cela dit beaucoup sur l’équipe du théâtre. Et après je vais toujours voir comment les spectateurs sont accueillis, dans quel genre de hall… et là aussi on voit tout de suite où on est…

Comment décrirais-tu le Fracas ?
Il est douillet, chaleureux, accueillant, vivant, il est sensible et intelligent…

Quel est ton exercice préféré ?
Dans la vie ? Jouer du cor de chasse rien qu’à la bouche…

Si tu étais une œuvre d’art ?
Le Feu sous la glace de Félix Vallotton.

Si tu étais un film ?
Celui que je vais bientôt tourner aux côté de Michael Fassbender et de Matthew McConaughey qui joueront respectivement mon mari et mon amant… une histoire d’amour déchirante, un conflit poignant, une passion destructrice au temps de la prohibition à New-York…

Si tu étais un livre ?
Celui que j’écrirais demain…

Si tu étais une musique ?
Intermezzo – Cavalleria Rusticana de Pietro Mascagni.

Si tu étais un une pièce ?
Celle dans laquelle la femme de Barbe Bleue finit par pénétrer car elle n’aime pas les portes fermées…

Si tu étais un personnage de théâtre ?
J’ai toujours rêvé de descendre des cintres dans un spectacle, suspendue et me balançant au dessus du plateau… alors disons la Fée Clochette.

Si tu étais un costume ?
La robe verte de Cyd Charisse dans Singin’in the Rain.

Si tu étais un lieu du théâtre ?
Le Théâtre des Bouffes du Nord.

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre ?
J’essaierais tous les soirs une nouvelle place…

Si tu étais un échauffement ?
Celui ou chacun joue un ours qui se frotte le corps contre ce qu’il croit être un arbre… et qui est en fait un autre ours qui fait tout pareil…

Le mot de la fin ?
Merci

Portrait d’intervenant #14

Sophie Lannefranque

SophieLannefranqueComédienne, auteure et intervenante pour les ateliers d’écriture et de jeu avec deux classes de CM2 des écoles montluçonnaises Emile-Zola et Frédéric-Mistral dans le cadre du projet Un oiseau dans le stylo #3.

Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?
En tant que spectatrice, j’ai découvert la magie de transformer la réalité qui s’opérait sur la scène, devant mes yeux. Tout était donc possible. On pouvait exister autrement, inventer des mondes. Pour moi, écrire et mettre en scène participent de ce même geste de « refaire le monde », en toute modestie bien sûr !

Comment choisis tu un texte, un thème ou un travail pour un groupe ?
En fonction de mes préoccupations, des choses qui résonnent pour moi dans la vie, l’actualité et me semblent intéressantes comme matières de travail.

Comment décrirais-tu ton travail avec les jeunes sur les ateliers – sur une commande d’écriture ?
On commence par « lâcher les doigts » puis on « lâche les phrases ». C’est comme un jeu, on ne doit pas penser qu’on est en train d’écrire, on doit se laisser aller au début, court-circuiter sa volonté, ses habitudes, ses peurs aussi. On effectue de petits gestes sans conséquences comme un danseur qui ferait des pas dans l’espace, au hasard de l’envie. Peu à peu, des choses arrivent malgré soi et composent une matière dans laquelle on peut piocher pour aller, peu à peu, vers un objectif plus précis. Le travail devient de plus en plus méticuleux, à la loupe. Mais tout ça doit se faire avec désir et avec plaisir. Sinon…

Quel est ton meilleur souvenir d’atelier ?
Je suis toujours touchée quand quelqu’un dit avant de lire son texte :  » je vous préviens, c’est nul. » Et là, on découvre que ça ne l’est pas, bien sûr, ça n’est jamais nul, ça ne veut rien dire ce mot, et parfois même, au contraire, c’est très fort. La personne qui écrit ne s’en rend pas compte et découvre subitement que ce qu’elle a à dire est intéressant, peut toucher les autres. Les moments où l’on s’écoute sont toujours de beaux moments.

Quel est ton plus mauvais souvenir de spectatrice ?
Quand ça « fait théâtre », que ça parle trop bien, que tout est trop bien rangé comme une chambre rutilante, je m’ennuie.

Quel est ton meilleur souvenir de spectatrice ?
Ilotopie, Pippo Dell’Bono, Pina Bausch, Bob Wilson, Alain Platel… j’aime quand il y a du corps, que le corps raconte, exulte, nous saisit. Quand texte et corps s’imbriquent, se réinventent.

Portrait (chinois) d’intervenant #13

Julien Bonnet

©MilaSavic

Comédien et intervenant auprès des Ulis du lycée Paul-Constans et pour un stage autour de Soudain la nuit (de la cie du Zieu) en partenariat avec le SUC (Service Universitaire Culturel de Clermont-Ferrand). Il a également été Acteurfracas de 2012 à 2014.

Si tu étais une œuvre d’art ? Je ne sais pas quelle œuvre mais j’aimerais bien être exposé à la Tate Modern à Londres.

Si tu étais un film ? Plutôt un film muet mais en 3D.

Si tu étais une musique ? N’importe quelle chanson d’Ella Fitzgerald.

Si tu étais une pièce ? Je n’ai pas trop envie d’être une pièce…

Si tu étais un personnage de théâtre ? Un vieux domestique dans une pièce de Tchekhov.

Si tu étais un accessoire ? Une perruque ! C’est normal pour un chauve.

Si tu étais un costume ? Pour terminer avec tous les autres et attendre dans le noir, non merci !

Si tu étais un lieu du théâtre ? La salle de répétition ou le local à affiches, mais il me semble que je croiserai un peu plus de monde avec le premier.

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre ? Je pense que je ferais un collectif avec d’autres souris qui s’appellerait « The Fra-cat ».

Actions artistiques : une nouvelle saison démarre !

Échauffement lors du Chantier

La nouvelle saison a commencé au Fracas avec le premier spectacle mais c’est aussi le début des premiers ateliers où les élèves découvrent leurs enseignants et les intervenants choisis pour l’année.

Les ateliers historiques du Jumelage ont repris au collège Jules-Verne et aux lycées  Paul-Constans et Madame-de-Staël de Montluçon, qui présenteront leurs travaux durant Le Chantier les 20 et 21 mai 2016 au Fracas.
L’option spécialité du LEM, l’atelier du collège Émile-Guillaumin de Cosne-d’Allier (devenue une option théâtre pour les 5e) et l’atelier des CAP du lycée Paul-Constans auront également lieu cette saison.

Le projet Un oiseau dans le stylo propose pour la troisième et dernière année un projet d’écriture et de jeu à des écoliers de zone d’éducation prioritaire.

Les adultes ne sont pas en reste cette année encore ! Afin de faciliter la réinsertion des personnes placées sous main de justice, nous proposons un parcours artistique en collaboration avec la maison d’arrêt de Montluçon. Nous poursuivons le partenariat avec les Foyers l’Étoile et les Caravelles qui présenterons leur spectacle au Fracas les 31 mai et 3 juin 2016.
Et enfin pour ceux qui souhaitent s’essayer au jeu, nous proposons différents stages pour adulte : un Cycle marionnette, la création d’une troupe amateur – La Petite troupe des 3 sœurs – et pour ceux qui souhaitent tester un week-end pour commencer, nous proposons deux stages en partenariat avec le Service Universitaire Culturel de Clermont-Ferrand.

Portrait d’intervenant #12

Magali Mougel

Auteure du In Situ lycée au LEM, et de The Lulu projekt, pièce écrite pour l’atelier du jumelage du LEM.

© Jean-Pierre Angei
© Jean-Pierre Angei

Depuis quand es-tu auteure ?

Quand j’ai commencé à écrire, je pensais que je dessinais. Je faisais des sigles et je les reliais les uns aux autres seulement parce que j’estimais que ce sigle là allait bien avec celui là. Et puis au bout d’un moment j’ai fini par comprendre que dessiner était une autre affaire et que ce que je faisais c’était écrire des phrases pour raconter des histoires. Comme j’avais envie de décider de toutes les fins, j’ai décidé de continuer à les finir en commençant par en commencer des neuves.

Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?

Je ne savais pas que c’était un métier. Je ne sais toujours pas si c’est un métier. En tout cas j’y passe beaucoup de temps. Tellement de temps que je n’ai plus envie d’avoir du temps pour faire un autre métier.

Depuis quand fais-tu des ateliers ?

Les ateliers, on commence à en faire et au départ c’est assez effrayant, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire ? Va-t-on être en capacité d’apporter ce qui est à apporter ? etc. Je m’y suis essayé il y a une dizaine d’année. Ou plutôt on m’a convié à animer un atelier et puis un autre s’est ajouté, puis un autre, puis les rencontres m’ont menée encore vers d’autres et maintenant cela fait partie de l’écriture. Aller vers l’autre, se confronter, se frotter, se faire déloger.

Quel est ton meilleur souvenir de spectateur ?

Piotr Fomenko. Guerre et Paix novembre 2002. Elle pleurait à sa grande table. Elle pleurait en russe dans sa robe blanche. Je comprenais ce qu’elle me disait mais je ne parle pas russe. J’ai pleuré avec elle. Je ne sais plus son nom. Je me souviens seulement du rythme de ses larmes.

Quel est ton meilleur souvenir d’atelier ?

On montait Le Mois de Marie de Bernhard avec un petit groupe. Brigitte – ça se prononce en fait BriGUitte – arrive avec des robes tout droit sorties des contrées Bavaroises. Elle l’enfile et me dit : « C’est là-dedans que je jouerai, c’était à une grande tante qui a fricotée avec les nazis, je savais qu’un jour elles me serviraient ces robes et que je finirais par la faire se retourner dans sa tombe celle-là ! » Le tremblement dans la salle quand elle est entrée. Le tremblement de la vieille dans sa tombe. On était en train de changer un morceau de l’histoire de Brigitte.

Comment décrirais-tu le Fracas ?

Le Fracas c’est pas juste un théâtre, c’est une maison. Tu y passes et tu as envie d’y rester. Elle est à la bonne taille. Humaine. Elle respire une bonne odeur. Le travail. Elle laisse le vent s’engouffrer dans ses couloirs. Ça brasse. Elle est douillette comme un rêve. Avec élégance. Elle appartient un peu chacun. On nous laisse nous en emparer.

Portrait (chinois) d’intervenant #11

Guillaume Cantillon

Metteur en scène du In Situ au LEM.

Guillaume Cantillon Comédien depuis 1997, il a commencé le théâtre enfant dans un centre aéré et depuis le désir de théâtre ne l’a jamais quitté. Plusieurs spectacles l’ont marqué : Les cahiers de Vaslar Nijinsky avec Redjep Mitrovitsa monté par Isabelle Nanty, Poetry d’après Edgar Allan Poe monté par Bob Wilson, L’ode maritime avec Jean-Quentin Châtelain monté par Claude Regy, Au moins j’aurais laissé un beau cadavre de Vincent Macaigne et dernièrement Clôture de l’amour de Pascal Rambert.

Comment décrirais-tu ton travail ?
Je suis très attaché au texte et à la direction d’acteur. Je prépare un peu, mais c’est la rencontre avec l’auteur, ses mots et les acteurs qui dicte la nature du travail. J’adore explorer les théâtralités et travailler sur les contrastes.

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ?
Dans mon atelier : lorsque les acteurs commencent à organiser entre eux des moments de travail et qu’ils s’emparent du projet, en cousant, fabriquant, etc. La nécessité apparait et leur investissement total me ravit…
Comme spectateur : lorsque le spectacle commence et que tout est possible, ouvert à l’enchantement comme à la déception.

Si tu étais une œuvre d’art ? Une gravure d’Odilon Redon

Si tu étais un film ? Série Noire de Alain Corneau, Paris Texas de Wim Wenders ou Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino.

Si tu étais une musique ? Nocturne n° 6 en sol mineur op. 15 n° 3 de Frédéric Chopin (oui, le titre est long…)

Si tu étais une pièce ? Un sapin de Noël chez les Ivanov de Alexandre Vvedenski.

Si tu étais un personnage de théâtre ? Golaud, dans Pelleas et Melisande de Maurice Maeterlinck.

Si tu étais un accessoire ? Du papier flash

Si tu étais un costume ? Un smoking

Si tu étais un lieu du théâtre ? Les dessous

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre? Plutôt un rat de Ptiluc qu’une souris.

Portrait (chinois) d’intervenant #10

Fabrice Dubusset

Comédien intervenant avec les Foyers Les Caravelles et L’étoile.

Fabrice Dubusset

Quel est ton meilleur souvenir de spectacle ?
Hamlet de Shakespeare mis en scène par Patrice Chéreau à Avignon.

Comment décrirais-tu ton travail ?
Le travail au plateau est un laboratoire permanent d’exploration : des femmes, des hommes ont décidé et acceptent l’idée de partager ensemble un moment de travail d’acteur autour d’un projet, d’une histoire, d’une œuvre…

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ?
Les moments de doutes, les moments de plaisirs, les moments de rires, les moments de pleurs , les moments de silence.Les moments de représentation. Presque tous les moments…

Si tu étais une œuvre d’art ? La ronde de Nuit

Si tu étais un film ? Mulholland drive – David Lynch

Si tu étais une musique ? The colony of slippermen – Genesis

Si tu étais un une pièce ? « Nul n’est méchant ! Personne n’est bon  » R W Fassbinder

Si tu étais un personnage de théâtre ? Karl Valentin

Si tu étais un accessoire ? Une plume

Si tu étais un costume ? Une robe année 40

Si tu étais un lieu du théâtre ? Les coulisses

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre ? C’est fait !

Portrait (chinois) d’intervenant #9

Thomas Gornet

Acteur permanent au Fracas et auteur. Il est l’auteur du In Situ au lycée Paul-Constans et de la pièce écrite pour l’atelier du Paul.© Jean-François Gornet

© Jean-François Gornet

Si tu étais une œuvre d’art ? Une crotte en plastique sur l’urinoir de Marcel Duchamp

Si tu étais un film ? Les grands ducs, de Patrice Leconte

Si tu étais une musique ? Écrire pour ne pas mourir, de Anne Sylvestre

Si tu étais un une pièce ? Une pièce sans parole qui n’a pas encore été écrite

Si tu étais un personnage de théâtre ? Godot

Si tu étais un accessoire ? Une paire de fausses lunettes de vue

Si tu étais un costume ? Une paire de chaussettes en coton

Si tu étais un lieu du théâtre ? Le bureau du/de la comptable

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre ? Je mangerais les miettes laissées par les spectateurs au bar et j’irais laisser mes crottes sous les fauteuils pour me venger d’être une souris

Portrait d’intervenant #8

Cécile Vitrant

Comédienne permanente au Fracas, intervenant sur le projet A dire et à garder, avec les résidents de Domitys (résidence sénior). 

CECILE VITRANTDepuis quand es-tu comédienne ? 

Je suis comédienne professionnelle depuis 2008. Avant, je travaillais en agence de publicité en semaine mais mes soirs et week-ends étaient déjà pour le théâtre… Et puis en 2008, j’ai opté pour le 100% théâtre.

Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?

L’envie de jouer au théâtre m’est venue par chance. Pas de théâtre dans ma famille. Ni dans la petite ville où j’ai grandie. Des études en école de commerce, donc assez éloignées des planches. Et puis une proposition de jouer « La bonne » dans « La Cantatrice Chauve » de Ionesco par Maryvonne, une amie à qui il manquait une comédienne. Et puis la découverte. Et puis l’envie qui ne m’a plus quittée.

L’envie d’en faire mon métier m’est venue un soir à une représentation en jeu masqué de Catherine Germain, excellentissime comédienne. J’étais hallucinée par sa performance. Je me suis dit qu’elle arrivait à un tel résultat car elle y consacrait tout son temps. C’était le moment pour moi de prendre la décision d’en faire mon métier.

Quel est ton meilleur souvenir de spectateur ?

C’est un peu difficile de comparer et classer les spectacles. Parmi mes meilleurs souvenirs, il y a eu entre autres et dans le désordre : « Le voyage de Penazar » avec Catherine Germain, « Par le boudu » avec Bonaventure Gacon, « Jerk » de Gisèle Vienne, « La jeune fille aux mains d’argent » de Catherine Marnas, « Chair de ma chair » d’Ilka Schönbein, « L’opéra du dragon » de Johanny Bert, « Schicklgruber » de Neville Tranter, « Salto Lamento » du Figurentheater Tübingen, « La chambre 26 » et « Ma foi » de la Compagnie à, « La répétition, une odyssée » du Théâtre de cuisine,  les spectacles de James Thierrée, Peeping Tom, Pina Bausch… et j’en oublie.

Quel est ton meilleur souvenir d’atelier ?

Une classe de maternelle à laquelle j’avais fait fabriquer des petites marionnettes à tringle. Dix petits de 3 ans sur un plateau avec leurs marionnettes, c’est vraiment du spectacle vivant !

Quel est ton plus mauvais souvenir de spectacle ?

Un bug de la vidéo dans un spectacle où il n’y avait que de la vidéo… Là, on sait qu’on est perdu… et en direct…

Comment décrirais-tu ton atelier / ton travail ?

Je crois que c’est de chercher. D’essayer de trouver les transpositions au plateau des idées, émotions, histoires.

Pour l’atelier que je mène en ce moment avec Lætitia, c’est de chercher à parler de la mémoire des personnes âgées à travers la poésie des objets qui les entourent.

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ?

Le moment où on trouve l’image, la première fois où elle apparaît. Par la suite, on essaie simplement de comprendre comment la faire apparaître de nouveau à l’identique…

Y-a-t-il un endroit que tu affectionnes au théâtre ou dans la salle d’atelier ?

L’atelier de fabrication. J’aime bidouiller des petites choses, un peu à l’écart, au calme et voir apparaître quelque chose de nouveau.

Portrait (chinois) d’intervenant #7

Catherine FourtyComédienne depuis 1987, Catherine Fourty intervient dans les ateliers depuis près de 25 ans, pour des jeunes allant du CP à Hypokhâgne. Elle travaille avec les terminales option théâtre du LEM.

Plus jeune, ce sont ses parents qui lui donnent le goût du spectacle lui faisant découvrir de nombreuses pièces, notamment les 4 Molière de Vitez ou les grands spectacles de Roger Planchon, qui l’ont beaucoup marqué.

Puis elle a rencontré Stéphane Braunschweig avec qui elle travaille sur sa première pièce confirmant son envie de devenir comédienne.

Elle se souvient particulièrement de Beaucoup de Bruit pour Rien, un atelier à Aubervilliers avec des premières et terminale option facultative théâtre : un groupe enragé ET attachant (avec beaucoup d’élèves d’Haïti, l’année du tremblement de terre…) et de deux spectacles au festival d’Avignon : Mahabharata par Satoshi Miyagi à la Carrière Boulbon et Les souliers de satin d’Antoine Vitez.

Comment décrirais-tu le Fracas ? C’est un théâtre que j’ai l’impression d’avoir toujours connu. Je m’en sens proche. Il est à taille humaine. Il fait partie de mon histoire. J’espère y jouer un jour !

Comment décrirais-tu ton atelier / ton travail ? J’adore venir travailler à Montluçon parce que j’aime beaucoup les profs avec lesquels je collabore. Et les élèves sont agréables et plutôt d’un bon niveau général. C’est un challenge excitant d’avoir 24 heures pour fabriquer ensemble 30 minutes à montrer au jury du bac. Les avancées entre la première et la dernière séance sont souvent magnifiques. On se sent utile.

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ? J’aime le tout. C’est un ensemble. J’aime savoir que ce sera trop court. J’aime sentir qu’on  » tient  » quelque chose.
Je crie des « oui  » aux élèves quand ça va dans le bon sens !

Si tu étais une œuvre d’art ? Un peintre préraphaélite / Ernst Kirchner (peintre allemand du mouvement Brücke) / L’Alhambra de Grenade
Si tu étais un film ? Un film de Nikita Mikalkov ou de Kusturika
Si tu étais une musique ? Le bruit d’un ruisseau
Si tu étais un une pièce ? Un centime !!! … sérieusement : Tout Strindberg
Si tu étais un personnage de théâtre ? Une Héroïne de Brecht / de Tchekov / de Gabily
Si tu étais un accessoire ? Des bottines
Si tu étais un costume ? Une très volumineuse robe verte
Si tu étais un lieu du théâtre ? Les cintres
Si tu étais une petite souris dans le théâtre ? La Servante