Le blog des Îlets

In Situ Lycées

IN SITU Lycées
Le projet In Situ c’est un metteur en scène, un auteur et cinq comédiens réunis sur un même établissement scolaire pendant une semaine, pour inventer et répéter une œuvre éphémère sur le thème de l’Identité.

IN SITU AU LEM
Du 1er au 5 décembre, le metteur en scène Guillaume Cantillon travaille avec l’auteur Magali Mougel pour élaborer le dispositif présenté aux élèves. D’une part des répétitions ouvertes à tous durant la semaine et d’autre part une restitution finale. Les comédiens présents sur le projet sont Catherine Lafont, Laëtitia Le Mesle*, Christophe Noël, Cécile Vitrant* et Valérie Vivier*.

Quelques notes de Magali Mougel :
« 5 récits qui se convoqueraient les uns les autres. Un pour chaque acteur en somme.
Qui pourront aussi être portés de façon chorale.
L’un réinterroge : « c’est quoi l’identité qu’on nous transmet ? C’est quoi de regarder mourir sa mère quand elle se casse avec un secret ? »
L’un réinterroge la question garçon/fille.
L’un interroge c’est quoi être une femme (« la femme ou la difficulté de s’exprimer » dirait Copi)
Dans les deux premières tentatives il y a toujours d’autres voix convoquées. A voir si c’est l’un d’entre nous ou un élève.
Traverser les temporalités et différentes questions identitaires, réussir à faire des jolis petits objets indépendants. (Cela mettra tous les acteurs sur le feu, avec une forme chacun, à défendre pleinement) »

Quelques notes de Guillaume Cantillon :
« Au sein du lycée, j’ai fait des repérages et j’ai choisi des espaces que nous investirons.
Chaque espace sera l’endroit qui cristallisera des questions liées à l’identité et à la transformation, et chacun des personnages sera lié à un lieu et à une expérience de vie.
L’idée est aussi que la nature des textes (et la façon de les aborder) soit toujours différente, pour répondre à mon envie de travailler sur les théâtralités.
A propos des textes, les acteurs ne les découvriront qu’à partir du premier jour de répétition.
Nous allons collaborer également avec un groupe d’élèves, relais de notre travail dans le lycée et pourquoi pas intégrés dans le « spectacle ». Toute la semaine, nous répèterons donc « à vue » des élèves, dans divers recoins du lycée et nous montrerons notre forme le dernier jour, le vendredi, en allant d’espace en espaces.

Quelques réflexions/notes à propos des espaces :
devant gymnase lem
Un espace à l’entrée du lycée que j’aime bien car il offre une butte comme gradinage et un espace « scénique » latéral et sans profondeur, et j’aime bien la structure du bâtiment derrière. On a même un lampadaire comme mat (ou comme barre de pole dance)…

Galerie LemLe corridor central du lycée est intéressant parce qu’on pourrait y jouer sur toute (ou presque) sa longueur. Il peut être bordé de spectateurs, et j’y vois aussi une piste, lieu de la performance sportive, de la technicité, du dépassement de soi, de l’obsession sportive, donc du travail sur son propre corps, l’attention qu’on lui porte, la brutalité qu’on lui inflige.
On a envie de parler de transformation physique/sexuelle, mais pourquoi ne pas parler du culte du corps performant comme identité ?

 Le gymnase en contre-bas, et les baies vitrées en hauteur. J’imagine tout de suite des acteurs (un acteur) en bas et les spectateurs qui regardent à travers les vitres, avec pourquoi pas, d’autres acteurs mêlés au public qui ont en charge le texte, et qui accompagnent le travail visuel de ceux (celui) d’en bas.

 Le fameux labyrinthe.
Alors évidemment, on pense au Minotaure, le roi de l’hybridation, mais ça me fait surtout penser à Ariane, qui a trahi son père par amour pour Thésée et qui se retrouve finalement abandonnée.
La transformation liée à l’amour. Le choix fait en conscience de trahir pour se sauver. Mais elle passe également, après son abandon, à un statut d’immortelle puisqu’elle épouse Dyonisos.
On a aussi une belle métaphore de l’adolescence.
 
Je l’aime bien le terrain de basket avec son vieux goudron.
J’ai bien envie de renoncer aux espaces intérieurs (classes, couloirs), pas assez grands (mais à vérifier).
Je pense aussi beaucoup aux « Métamorphoses » d’Ovide et notamment à Salmacis et Hermaphrodite, dont la fusion est provoquée par l’amour et le désir (« Les métamorphoses » par Gilbert Lely, c’est très beau.)
Ah oui, l’extrait d’un article sur le travestissement dans les inrocks qui m’a fait sourire :
« Et bien sûr, je pense que le genre est un déguisement, que tout le monde se déguise…A commencer par les gens qui défilent à la manif pour tous. Eux-même se sont construit ce déguisement de réac, qui va à la messe, etc. Personne n’est naturellement comme ça. » Philippe Djian
Le réac, identité provisoire qui peut migrer… Et si on racontait aussi l’enfilage d’une carapace réac face à l’avancée de la société ? »

IN SITU A PAUL CONSTANS
A Paul Constans, du 15 au 19 décembre, la metteur en scène Nathalie Garraud travaille avec l’auteur Thomas Gornet*, la vidéaste Camille Lorin et les comédiens Gaël Guillet, Isabelle Monnier-Esquis, Laëtitia Le Mesle* et Cécile Vitrant*.

Quelques notes de Nathalie Garraud :
« L’idée serait d’utiliser le lycée comme terrain d’enquête et d’y mener pendant quelques jours des interviews (avec des lycéens, des personnels de l’administration, des profs…) puis d’utiliser ensuite la matière récoltée pour une restitution publique, et aussi potentiellement un  film.
J’ai l’idée que les interviews puissent être menées par tous les membres de notre équipe et toute la journée (en relais) dans trois ou quatre lieux spécifiques que nous installerions pour la semaine. Ces lieux d’interviews seraient repérés et repérables, par les élèves ou les personnels du lycée qui pourraient y venir quand ils veulent ou peuvent. Chacun des lieux pourrait proposer un dispositif d’interviews différentes (avec captation vidéo ou sonore, ou interview par écrit, etc.) »

*ActeursFracas