Le blog des Îlets

Parole de spectateur : Le pire est à venir

 Le pire est à venir est une création théâtrale pour trois acteurs dans une salle de classe qui a tourné durant la saison dans les établissements scolaires de la région.
Texte de Thomas Gornet et mise en scène de Marie Blondel

Peer Gynt est un jeune homme au début de la pièce. Seul avec sa mère – à qui il en fait voir de toutes les couleurs – il est un « dévoreur de temps ». Cet arrogant veut être roi et construire un empire. Ce désir d’ascension lui confère une énergie foudroyante et à travers des voyages épiques, il cherche son identité au creux des autres. Cette création pour dix acteurs s’inscrit ainsi dans un cycle de créations sur l’identité.
Tout commence par une situation réelle et concrète. L’enseignant est dans la confidence et partenaire de cette représentation, contrairement aux élèves qui ne savent pas encore qu’ils vont être embarqués dans une représentation théâtrale : Laëtitia Dugol et Corinne Verdier, membres éminentes du ministère de l’Éducation Nationale, viennent tester dans une classe de collège ou de lycée un tout nouveau dispositif d’apprentissage. Elles présentent une femme, Aze Gynt, qui n’est pas professeur mais qui devra donner aux élèves une sorte de leçon de vie. Mais Aze se laissait vite débordée par le souvenir de son fils Peer, récemment disparu. Un souvenir qui va peu à peu envahir la classe…

Retours des spectateurs :

 Ça parle d’un garçon qui s’appelle Peer qui signifie Pierre et Peur, il se croyait un peu comme quelqu’un qui sait tout.

J’ai bien aimé la surprise après le contrôle de technologie. Un groupe de personnes est entré dans notre classe et nous a dit que c’étaient des personnes du rectorat alors qu’ils sont comédiens. J’ai bien aimé la pièce, c’était bien joué, il y a eu des moments drôles et des moments tristes. C’était tellement bien joué que même mes camarades et moi-même sommes entrés dans l’histoire.

J’ai adoré la pièce. Le message était l’école est importante pour notre avenir, sans l’école on n’aura pas un bel avenir. A la fin une dame dit que c’est une pièce de théâtre autour de Peer Gynt. Ça m’a surpris car moi je pensais que c’était vraiment une intervention de l’éducation nationale. C’était super !

 Je m’attendais à quelque chose d’ennuyeux et quand j’ai compris que c’était un sorte de spectacle cela m’a surpris mais positivement. En général je n’aime pas les pièces de théâtre, mais comme c’était bien joué ça ne m’a pas déplu.

 … C’est un enfant qui connait tout et qui veut toujours aller tout droit…

 Je souhaite dire que je n’ai pas beaucoup apprécié la pièce, la multitude des rôles était trop importante comparé au nombre d’acteurs et on s’y perdait parfois…

 J’ai aimé le fait que la pièce offrait beaucoup d’idées sur la perception du ressenti et qu’il n’y avait rien à comprendre…

 La vision du lycée qu’a Peer : d’une boite hermétique où l’on est emprisonné et le moment où le personnage en classe dit aux élèves de briser leurs chaines m’ont ému.

 Ça parle d’un garçon qui n’écoute personne et sans tête…

 J’adore les surprises ou me faire piéger, donc votre pièce m’a fait plaisir. Mais j’ai été mal à l’aise, j’ai compris assez vite que vous étiez des comédiennes mais j’étais quand même persuadée que vous travaillez au rectorat et que vous faisiez une pièce sur le décrochage scolaire. Donc je me suis inquiété sur les gens qu’ils engagent au rectorat. J’étais mal à l’aise et j’ai eu du mal à apprécier parce que vous criiez, vous vous insultiez, vous êtes montés sur une table – je crois, vous courriez à travers la salle… Bref j’étais vraiment dans une situation de stress ! Après je pense que ça vient du fait de vous jouiez dans une salle de classe et que l’illusion était vraiment très bien faite !

 Après avoir vu cela j’ai compris qu’on ne peut pas être libre seul, qu’il faut échanger avec les gens… Cela m’aide pour mon avenir. C’était un bon message !

 Certains changements de lieux et de personnages étaient trop brusques et on était un peu perdus…

 

Retour en images : cycle marionnette – la manipulation
Le Fracas a proposé cette année à 10 stagiaires de découvrir l’univers de la marionnette. Après deux week-ends de constructions avec Judith Dubois – plasticienne et constructrice sur Peer Gynt (premier voyage), ils ont pu appréhender la manipulation avec Marzia Gambardella de la compagnie Les Anges au plafond, qui leur a appris a donner vie à leurs créations.
« J’ai fait le cycle marionnette et ce fut trois week-ends fabuleux mais beaucoup trop courts. Pour la fabrication, nous avons pu choisir nos matières, et créer la marionnette de notre choix. Une fois finies ou presque on leur a donné vie. Tout ça accompagnés de 2 artistes géniales et captivantes ayant énormément de choses a transmettre et aussi un très bon accueil de la part de toute l’équipe du Fracas.
Ce stage s’est achevé superbement par 2 magnifiques spectacles (Peer Gynt – premier voyage de Johanny Bert et R.A.G.E de la cie les Anges au plafond), nous présentant 2 techniques totalement différentes, j’ai apprécié ces spectacles avec un regard tout à fait nouveau.
Grâce à ce stage, j’ai appris énormément et découvert un métier qui peut-être sera le mien. »

Capucine

La Petite troupe des 3 sœurs

Cette saison encore le Fracas a réuni une troupe d’amateurs en leur proposant six week-ends de pratique avec pour point de départ la pièce Les Trois Sœurs d’Anton Tchekhov, en écho à la réécriture de Rebekka Kricheldorf, Villa Dolorosa. 13 comédiens amateurs se sont lancés dans cette aventure accompagnés par les comédiens Nadine Béchade et Pierre-Yves Bernard.

 Cet atelier, ce groupe, ces individus, cette rencontre de tous avec chacun et avec les mots de Tchekhov… tout cela s’annonce comme un grand chantier, un grand laboratoire de théâtre, ni plus ni moins. Nous allons expérimenter, triturer, chercher, trouver, ne rien trouver, recommencer… mais toujours tenter d’apprendre car comme l’a dit Tchekhov : « Les hommes intelligents aiment apprendre. Les imbéciles aiment enseigner. » 

Nous allons donc tenter d’apprendre ensemble ce que les mots de Tchekhov nous disent, ce que ses personnages ressentent, ce que son théâtre nous fait vivre.

Nadine Béchade et Pierre-Yves Bernard

Parcours artistique à la maison d’arrêt

Le Fracas s’associe chaque année au SPIP (Service Pénitentiaire d’insertion et de probation) pour concevoir un projet culturel à la maison d’arrêt. Cette année nous avons proposé un parcours autour de la marionnette composé d’une venue au Fracas à l’occasion de la résidence de la compagnie Les anges au plafond pour une visite et une rencontre avec l’équipe artistique, ainsi que d’une semaine d’atelier avec la compagnie Agitez le bestiaire en parallèle du projet de spectacle en vitrines Troublantes apparences.

La revue professionnelle Manip est revenue sur cette action :

article Manip

Retour en images : Cycle marionnette – La construction

Le Fracas a proposé cette année à 10 stagiaires de découvrir l’univers de la marionnette  en construisant chacun la leur avec Judith Dubois – plasticienne et constructrice sur Peer Gynt (premier voyage), puis en apprenant à la manipuler avec Marzia Gambardella de la compagnie Les Anges au plafond. Les deux premiers week-ends ont été consacrés à la construction d’une marionnette. L’objectif étant de permettre à chacun d’aborder différentes techniques de construction sur différentes matières.

Les stagiaires ont d’abord dessiné la marionnette dont ils avaient envie, en réfléchissant à sa forme, à sa manipulation, à l’esthétique et l’univers qu’ils voulaient inventer. Ils ont pu jouer avec les proportions du corps pour créer le caractère de leur marionnette.

Une fois ce choix fait, ils ont réalisé des squelettes en bois et en tissus, avec chaque membre et articulation de la marionnette, pour permettre une manipulation la plus fluide et la plus réaliste possible. Les articulations possèdent des butées pour éviter que le coude ou le genou ne se plient vers l’arrière, et offrir le plus de réalisme possible.

Les stagiaires ont ensuite réalisé la tête de leur personnage, en sculptant du polystyrène ou de la mousse. Pour terminer le visage et le rendre notamment plus solide, les stagiaires ont réalisé un « matiérage » en résine acrylique.

Les mains et pieds ont été réalisés en silicone dans des moules de plâtre ou ont été sculptés dans du polystyrène.

Il reste maintenant un dernier week-end aux stagiaires pour leur permettre d’appréhender les techniques de manipulation, afin de comprendre comment diriger le regard de leur marionnette, lui donner une respiration, une impulsion et voir celle-ci prendre vie entre leurs mains.