Le blog des Îlets

Parcours autour de Peer Gynt (premier voyage)

L’éducation artistique et la transmission consistent à mettre en place des ateliers et permettre à des jeunes (et des moins jeunes) de découvrir le jeu et la création artistique en compagnie d’un comédien professionnel. Mais c’est aussi leur apprendre à devenir spectateur et les guider dans cette découverte. Cela peut être avant pour préparer la venue au théâtre ou à l’issue de la représentation, pour parler de ce qu’on aime mais surtout être accompagné dans ce que l’on n’a pas apprécié ou pas compris.

Nous avons travaillé avec plusieurs groupes autour de Peer Gynt (premier voyage), pour les accompagner dans leur venue au Fracas. Une semaine de répétition publique a été organisée : chaque après midi, les portes du plateau étaient ouvertes à tous ceux qui souhaitaient ce glisser dans la salle pour découvrir le travail de création. Quelques spectateurs individuels ont profité de l’occasion, et nous en avons profité pour travailler avec quelques associations partenaires, comme Pénélope ou la Mission locale, pour proposer à ceux qui le souhaitaient de voir un bout de répétition puis de visiter le théâtre. En décembre une partie des participant est ensuite venue voir le spectacle.

Nous avons également travaillé avec des classes à l’occasion d’une répétition publique scolaire, mais aussi en allant intervenir dans une classe du collège Jean-Jacques-Soulier, pour parler aux adolescents du spectacle et leur faire découvrir les marionnettes Bunraku.

intervention johanny JJsoulier

Quelques élèves du lycée Paul-Constans nous ont envoyé des retours sur Peer Gynt (premier voyage) et le travail de Johanny Bert durant son mandat :

« Étant arrivé en même temps que toi, j’ai donc vécu tous les spectacles sous ta direction. Je tenais à te remercier pour ces années magnifiques que j’ai vécues au Fracas. Mes deux spectacles préférés au cours de ces années sont deux spectacles que tu as mis en scène, c’est-à-dire L’Opéra du dragon et bien évidemment Peer Gynt (premier voyage) ! Ton dernier spectacle qui a fait un effet : « Wahou !! » ! Merci encore de m’avoir fait connaître l’univers des marionnettes si beau et qui a donc effacé mes préjugés. Merci pour tout, en espérant te revoir très vite ! »
P.W.

« Ce spectacle était merveilleux. Il nous a transportés dans un autre monde, un monde fantastique où s’entremêlent voyage, songe, liberté et recherche d’identité. Certaines scènes m’ont marqué telles que le royaume des trolls et la surélévation de la mère sur les pales du moulin. Ces effets spéciaux étaient impressionnants. Ce spectacle clôt à merveille l’ensemble des représentations mises en scène par Johanny Bert. »
A&A

« Le spectacle de Peer Gynt (premier voyage) était tout simplement magique ! Avec des personnages fantastiques et haut en couleurs, nous avons tout de suite été plongés dans un univers féérique qui se distingue des autres spectacles par ses effets spéciaux et par la diversité des personnages. Certains moments étaient à la fois drôles et dramatiques comme le moment où il se retrouve agrafé ou plutôt crucifié au sol avant de se faire attaquer par des petits cochons roses électriques qui sont d’ordinaire d’adorables jouets pour enfants. Cet effet était amusant et nous espérons bientôt en voir d’autres de ce genre. Pour finir, nous souhaitons une bonne continuation à Johanny Bert. »

Portrait d’intervenant #15

Nadine Béchade

Nadine © Claire GaudriotComédienne et intervenante sur  Cendrillon joué par l’option spécialité Théâtre des terminales du LEM et auprès des amateurs de la Petite troupe des 3 sœurs (aux cotés de Pierre-Yves Bernard).

Depuis quand interviens-tu sur des ateliers ?
Depuis le début. Quand j’ai débuté, j’ai beaucoup appris avec quelqu’un qui est pédagogue et metteur en scène. En même temps que des rôles dans ses pièces, il m’a confié la direction d’ateliers avec des collégiens ou des lycéens. Pour moi ça a été essentiel. Je sentais que je faisais des bonds dans mon apprentissage en transmettant moi-même… la transmission au sens organique du terme… dans la transmission s’opérait une forme de digestion…

Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?
Dans ma chambre de petite fille… Je jouais à faire du théâtre « drAmatique » alors même que je n’en avais jamais vu et que ma seule référence consciente était Au théâtre ce soir, du théâtre de boulevard filmé qui était diffusé à la télé, je crois une fois par semaine. Je m’endormais devant et je me réveillais en entendant les applaudissements…

Comment choisis-tu un texte, un thème ou un travail pour un groupe ?
Je choisis en fonction de l’âge des apprentis, de leur nombre et du temps de travail avec eux… ou des fois tout simplement en les regardant être ensemble, arrive la nécessité d’aborder un thème en particulier. Cette année par exemple avec le groupe de collégiens que je dirige, je sens que la question du genre serait comme une urgence… les garçons d’un côté, les filles de l’autre, avant même d’amener des textes, je travaille sur ces « conflits » au travers d’exercices…

Comment décrirais-tu ton travail avec les jeunes sur les ateliers ?
J’aime profondément faire ça. Je suis passionnée par la révélation de l’individu qui s’opère par la pratique du théâtre mais je travaille aussi beaucoup sur la responsabilisation par rapport au groupe. J’aime l’idée de travailler sur la constitution d’une micro société, conduite par le respect de soi et des autres en même temps que par le plaisir.

Quel est ton meilleur souvenir d’atelier ?
J’en ai un, magnifique : une petite collégienne à la première représentation de notre spectacle d’atelier, dans une scène chorale au tout début de la pièce (Hyperland de Michel Bellier) devant 300 autres collégiens de son établissement, qui vomit de peur sur le plateau et disparaît en coulisse aussitôt… tous ses camarades sur le plateau après un léger moment d’hésitation ont repris à leur compte tout le texte de celle qui s’était enfuie, avec à la fois un calme et une détermination incroyable. Ensuite profitant d’une pénombre au plateau, deux d’entre eux se sont entrepris de nettoyer tout ça. J’ai assisté de la régie médusée et j’ai pleuré, une émotion incroyable m’a submergée… à la deuxième représentation, le soir, tout est rentré dans l’ordre et elle a joué comme jamais.

Quel est ton meilleur souvenir de spectateur ?
La Trilogie des dragons de Robert Lepage… un tourbillon de 6 heures de poésie et d’aventures, un récit fleuve comme au cinéma mais avec la magie du théâtre, un grand choc…

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ?
Dans un atelier, j’aime sentir la curiosité sur les visages, la curiosité de l’inconnu… et quand je vais voir un spectacle j’aime de la même façon le moment où ça commence, où tout est possible.

Y-a-t-il un endroit que tu affectionnes au théâtre ?
Les loges sont très importantes. Quand j’arrive dans un théâtre je suis très attentive à l’accueil qui est fait aux artistes dans les loges, des petites attentions, que l’endroit soit douillet ou pas, cela dit beaucoup sur l’équipe du théâtre. Et après je vais toujours voir comment les spectateurs sont accueillis, dans quel genre de hall… et là aussi on voit tout de suite où on est…

Comment décrirais-tu le Fracas ?
Il est douillet, chaleureux, accueillant, vivant, il est sensible et intelligent…

Quel est ton exercice préféré ?
Dans la vie ? Jouer du cor de chasse rien qu’à la bouche…

Si tu étais une œuvre d’art ?
Le Feu sous la glace de Félix Vallotton.

Si tu étais un film ?
Celui que je vais bientôt tourner aux côté de Michael Fassbender et de Matthew McConaughey qui joueront respectivement mon mari et mon amant… une histoire d’amour déchirante, un conflit poignant, une passion destructrice au temps de la prohibition à New-York…

Si tu étais un livre ?
Celui que j’écrirais demain…

Si tu étais une musique ?
Intermezzo – Cavalleria Rusticana de Pietro Mascagni.

Si tu étais un une pièce ?
Celle dans laquelle la femme de Barbe Bleue finit par pénétrer car elle n’aime pas les portes fermées…

Si tu étais un personnage de théâtre ?
J’ai toujours rêvé de descendre des cintres dans un spectacle, suspendue et me balançant au dessus du plateau… alors disons la Fée Clochette.

Si tu étais un costume ?
La robe verte de Cyd Charisse dans Singin’in the Rain.

Si tu étais un lieu du théâtre ?
Le Théâtre des Bouffes du Nord.

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre ?
J’essaierais tous les soirs une nouvelle place…

Si tu étais un échauffement ?
Celui ou chacun joue un ours qui se frotte le corps contre ce qu’il croit être un arbre… et qui est en fait un autre ours qui fait tout pareil…

Le mot de la fin ?
Merci

Portrait d’intervenant #14

Sophie Lannefranque

SophieLannefranqueComédienne, auteure et intervenante pour les ateliers d’écriture et de jeu avec deux classes de CM2 des écoles montluçonnaises Emile-Zola et Frédéric-Mistral dans le cadre du projet Un oiseau dans le stylo #3.

Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?
En tant que spectatrice, j’ai découvert la magie de transformer la réalité qui s’opérait sur la scène, devant mes yeux. Tout était donc possible. On pouvait exister autrement, inventer des mondes. Pour moi, écrire et mettre en scène participent de ce même geste de « refaire le monde », en toute modestie bien sûr !

Comment choisis tu un texte, un thème ou un travail pour un groupe ?
En fonction de mes préoccupations, des choses qui résonnent pour moi dans la vie, l’actualité et me semblent intéressantes comme matières de travail.

Comment décrirais-tu ton travail avec les jeunes sur les ateliers – sur une commande d’écriture ?
On commence par « lâcher les doigts » puis on « lâche les phrases ». C’est comme un jeu, on ne doit pas penser qu’on est en train d’écrire, on doit se laisser aller au début, court-circuiter sa volonté, ses habitudes, ses peurs aussi. On effectue de petits gestes sans conséquences comme un danseur qui ferait des pas dans l’espace, au hasard de l’envie. Peu à peu, des choses arrivent malgré soi et composent une matière dans laquelle on peut piocher pour aller, peu à peu, vers un objectif plus précis. Le travail devient de plus en plus méticuleux, à la loupe. Mais tout ça doit se faire avec désir et avec plaisir. Sinon…

Quel est ton meilleur souvenir d’atelier ?
Je suis toujours touchée quand quelqu’un dit avant de lire son texte :  » je vous préviens, c’est nul. » Et là, on découvre que ça ne l’est pas, bien sûr, ça n’est jamais nul, ça ne veut rien dire ce mot, et parfois même, au contraire, c’est très fort. La personne qui écrit ne s’en rend pas compte et découvre subitement que ce qu’elle a à dire est intéressant, peut toucher les autres. Les moments où l’on s’écoute sont toujours de beaux moments.

Quel est ton plus mauvais souvenir de spectatrice ?
Quand ça « fait théâtre », que ça parle trop bien, que tout est trop bien rangé comme une chambre rutilante, je m’ennuie.

Quel est ton meilleur souvenir de spectatrice ?
Ilotopie, Pippo Dell’Bono, Pina Bausch, Bob Wilson, Alain Platel… j’aime quand il y a du corps, que le corps raconte, exulte, nous saisit. Quand texte et corps s’imbriquent, se réinventent.

Portrait (chinois) d’intervenant #13

Julien Bonnet

©MilaSavic

Comédien et intervenant auprès des Ulis du lycée Paul-Constans et pour un stage autour de Soudain la nuit (de la cie du Zieu) en partenariat avec le SUC (Service Universitaire Culturel de Clermont-Ferrand). Il a également été Acteurfracas de 2012 à 2014.

Si tu étais une œuvre d’art ? Je ne sais pas quelle œuvre mais j’aimerais bien être exposé à la Tate Modern à Londres.

Si tu étais un film ? Plutôt un film muet mais en 3D.

Si tu étais une musique ? N’importe quelle chanson d’Ella Fitzgerald.

Si tu étais une pièce ? Je n’ai pas trop envie d’être une pièce…

Si tu étais un personnage de théâtre ? Un vieux domestique dans une pièce de Tchekhov.

Si tu étais un accessoire ? Une perruque ! C’est normal pour un chauve.

Si tu étais un costume ? Pour terminer avec tous les autres et attendre dans le noir, non merci !

Si tu étais un lieu du théâtre ? La salle de répétition ou le local à affiches, mais il me semble que je croiserai un peu plus de monde avec le premier.

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre ? Je pense que je ferais un collectif avec d’autres souris qui s’appellerait « The Fra-cat ».

Actions artistiques : une nouvelle saison démarre !

Échauffement lors du Chantier

La nouvelle saison a commencé au Fracas avec le premier spectacle mais c’est aussi le début des premiers ateliers où les élèves découvrent leurs enseignants et les intervenants choisis pour l’année.

Les ateliers historiques du Jumelage ont repris au collège Jules-Verne et aux lycées  Paul-Constans et Madame-de-Staël de Montluçon, qui présenteront leurs travaux durant Le Chantier les 20 et 21 mai 2016 au Fracas.
L’option spécialité du LEM, l’atelier du collège Émile-Guillaumin de Cosne-d’Allier (devenue une option théâtre pour les 5e) et l’atelier des CAP du lycée Paul-Constans auront également lieu cette saison.

Le projet Un oiseau dans le stylo propose pour la troisième et dernière année un projet d’écriture et de jeu à des écoliers de zone d’éducation prioritaire.

Les adultes ne sont pas en reste cette année encore ! Afin de faciliter la réinsertion des personnes placées sous main de justice, nous proposons un parcours artistique en collaboration avec la maison d’arrêt de Montluçon. Nous poursuivons le partenariat avec les Foyers l’Étoile et les Caravelles qui présenterons leur spectacle au Fracas les 31 mai et 3 juin 2016.
Et enfin pour ceux qui souhaitent s’essayer au jeu, nous proposons différents stages pour adulte : un Cycle marionnette, la création d’une troupe amateur – La Petite troupe des 3 sœurs – et pour ceux qui souhaitent tester un week-end pour commencer, nous proposons deux stages en partenariat avec le Service Universitaire Culturel de Clermont-Ferrand.