Le blog des Îlets

Parole de spectateur – De passage

Interview réalisée par un élève du collège Jules Verne de Montluçon

– Bonsoir, c’est votre reporter Julie. Je suis au Fracas, à la sortie du spectacle De passage, une pièce écrite par Stéphane Jaubertie et mise en scène par Johanny Bert. Je vais interviewer un spectateur au hasard pour connaitre son ressenti.

– Bonsoir. Votre nom ?
– Joana

– Accepteriez-vous de répondre à quelques questions ?
– Oui, bien sûr.

– Que pouvez-vous me dire de ce spectacle ?
– C’est un spectacle à base d’ombres chinoises qui rendent les scènes beaucoup plus émouvantes. En effet le sujet n’est pas facile, il aborde le thème de la maladie d’un enfant, la mort, l’hospitalisation et la découverte de son adoption.

– Un élément particulier de ce spectacle a retenu votre attention ? Pourquoi ?
– A l’entrée on nous a distribué un casque audio. Une fois dans la salle, nous devions les mettre pour écouter tous les sons, les voix des comédiens mais aussi celle du conteur.
C’est un nouveau concept que j’ai beaucoup aimé, j’avais l’impression que le conteur ne racontait cette histoire qu’à moi.

– Qu’avez-vous aimé dans ce spectacle ?
– J’ai aimé la mise en scène. Il y avait un conteur sur scène mais on ne voyait les autres comédiens, qui se trouvaient derrière un grand écran blanc, que par leur ombre chinoise. Il y avait tout un tas d’effets spéciaux : de la fumée, des projections d’images, des objets qui bougeaient, pour créer l’illusion du mouvement.

– Merci d’avoir répondu à mes questions, bonne soirée

dessin De passage

Retours des élèves de 6e du collège Jean-Jacques Soulier

La scène « De Passage » est triste pour moi car l’enfant apprend qu’il a était adopté et qu’il a un caillou dans la tête.
Pour les ombres chinoises c’était super, c’était original et rare.
Pour les casques j’en avais jamais vu pour les pièces de théâtres. Ils faisaient mal aux oreilles car ils sont gros et lourds et ils m’ont un peu gêné pour le spectacle. C’était quand même bien car on entendait tous les petits sons (comme les pas dans la neige).
Le décor est trop beau, autour, les ampoules c’est magnifique.
Le thème est très sérieux (la maladie et l’adoption).
Le moment d’échange avec les acteurs c’était vraiment sympa.
En tout cas moi, j’ai adoré et j’ai vraiment envie de retourner au FRACAS !!! 🙂

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Je n’ai pas trop aimé le spectacle « De Passage » car, pour moi il n’y avait pas assez d’action. Et je n’aime pas les ombres chinoises. Quand il se bat avec la mort ce n’est pas du tout réaliste. L’histoire était difficile à comprendre. Mais j’ai aimé les échanges avec les acteurs, cela m’a permis de mieux comprendre l’histoire car il y a des moments où je n’avais pas compris l’histoire et grâce à cet échange j’ai mieux compris le déroulement de la pièce. Et aussi je me posais des questions auxquelles ils ont répondu.

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dessin de passage 2

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Je suis allé voir la pièce de théâtre  » de Passage  » de Stéphane Jaubertie. Quelques jours avant la représentation j’ai rencontré l’auteur de la pièce de théâtre. Avec son aide nous avons tous travaillé ensemble pour créer notre pièce :  » le cirque magnifico « . La pièce parle d’un cirque qui fait faillite et qui recherche une personne pour faire le clown, donner à manger aux animaux et les soigner. Le but étant à la fin d’aller la voir jouer au théâtre » le Fracas « . Cette aventure m’a beaucoup plu. A propos de la pièce « de Passage  » j’ai beaucoup aimé les jeux d’ombres c’est original. J’ai aimé l’histoire qui raconte comment un enfant de mon âge se bat contre la maladie et la mort, et de l’amour que lui porte sa mère. J’ai aimé écouter la pièce avec les casques, car on écoute différemment. Par contre j’ai trouvé la durée un peu longue.

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J’ai bien aimé le style de ce spectacle avec l’idée des ombres chinoises qui est originale et très bonne. Les casques audio, j’ai trouvé ça super, car on avait l’impression que les personnages et le narrateur nous parlaient personnellement. Pour ma part j’étais dans les coulisses et j’ai trouvé ça intéressant de voir l’organisation de la pièce, la mise en place des décors et des costumes. Par contre le thème de l’adoption d’un enfant partagé entre ses deux mères et son combat contre la mort ne ma pas enthousiasmé, je préfère les sujets plus gais.

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Cette pièce de théâtre parle de la mort et d’un enfant, cela à beau parler de la mort il y a des moments de la pièce qui sont assez rigolo. La pièce est faite avec des ombres, cela fait que l’on peut imaginer les personnages et nous avons aussi un casque sur la tête, je trouve cette idée vraiment géniale, car nous avons l’impression d’être seul à regarder la pièce, par contre ce que je trouvais bizarre c’était le conteur devant nous sur la scène. (On ne le voit pas en ombre). Si j’ai aimé cette pièce c’est pour son originalité, je ne savais même pas que les pièces de théâtres pouvait se faire avec des ombres et des casques !

Portrait (chinois) d’intervenant #9

Thomas Gornet

Acteur permanent au Fracas et auteur. Il est l’auteur du In Situ au lycée Paul-Constans et de la pièce écrite pour l’atelier du Paul.© Jean-François Gornet

© Jean-François Gornet

Si tu étais une œuvre d’art ? Une crotte en plastique sur l’urinoir de Marcel Duchamp

Si tu étais un film ? Les grands ducs, de Patrice Leconte

Si tu étais une musique ? Écrire pour ne pas mourir, de Anne Sylvestre

Si tu étais un une pièce ? Une pièce sans parole qui n’a pas encore été écrite

Si tu étais un personnage de théâtre ? Godot

Si tu étais un accessoire ? Une paire de fausses lunettes de vue

Si tu étais un costume ? Une paire de chaussettes en coton

Si tu étais un lieu du théâtre ? Le bureau du/de la comptable

Si tu étais une petite souris, dans le théâtre ? Je mangerais les miettes laissées par les spectateurs au bar et j’irais laisser mes crottes sous les fauteuils pour me venger d’être une souris

Portrait d’intervenant #8

Cécile Vitrant

Comédienne permanente au Fracas, intervenant sur le projet A dire et à garder, avec les résidents de Domitys (résidence sénior). 

CECILE VITRANTDepuis quand es-tu comédienne ? 

Je suis comédienne professionnelle depuis 2008. Avant, je travaillais en agence de publicité en semaine mais mes soirs et week-ends étaient déjà pour le théâtre… Et puis en 2008, j’ai opté pour le 100% théâtre.

Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?

L’envie de jouer au théâtre m’est venue par chance. Pas de théâtre dans ma famille. Ni dans la petite ville où j’ai grandie. Des études en école de commerce, donc assez éloignées des planches. Et puis une proposition de jouer « La bonne » dans « La Cantatrice Chauve » de Ionesco par Maryvonne, une amie à qui il manquait une comédienne. Et puis la découverte. Et puis l’envie qui ne m’a plus quittée.

L’envie d’en faire mon métier m’est venue un soir à une représentation en jeu masqué de Catherine Germain, excellentissime comédienne. J’étais hallucinée par sa performance. Je me suis dit qu’elle arrivait à un tel résultat car elle y consacrait tout son temps. C’était le moment pour moi de prendre la décision d’en faire mon métier.

Quel est ton meilleur souvenir de spectateur ?

C’est un peu difficile de comparer et classer les spectacles. Parmi mes meilleurs souvenirs, il y a eu entre autres et dans le désordre : « Le voyage de Penazar » avec Catherine Germain, « Par le boudu » avec Bonaventure Gacon, « Jerk » de Gisèle Vienne, « La jeune fille aux mains d’argent » de Catherine Marnas, « Chair de ma chair » d’Ilka Schönbein, « L’opéra du dragon » de Johanny Bert, « Schicklgruber » de Neville Tranter, « Salto Lamento » du Figurentheater Tübingen, « La chambre 26 » et « Ma foi » de la Compagnie à, « La répétition, une odyssée » du Théâtre de cuisine,  les spectacles de James Thierrée, Peeping Tom, Pina Bausch… et j’en oublie.

Quel est ton meilleur souvenir d’atelier ?

Une classe de maternelle à laquelle j’avais fait fabriquer des petites marionnettes à tringle. Dix petits de 3 ans sur un plateau avec leurs marionnettes, c’est vraiment du spectacle vivant !

Quel est ton plus mauvais souvenir de spectacle ?

Un bug de la vidéo dans un spectacle où il n’y avait que de la vidéo… Là, on sait qu’on est perdu… et en direct…

Comment décrirais-tu ton atelier / ton travail ?

Je crois que c’est de chercher. D’essayer de trouver les transpositions au plateau des idées, émotions, histoires.

Pour l’atelier que je mène en ce moment avec Lætitia, c’est de chercher à parler de la mémoire des personnes âgées à travers la poésie des objets qui les entourent.

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ?

Le moment où on trouve l’image, la première fois où elle apparaît. Par la suite, on essaie simplement de comprendre comment la faire apparaître de nouveau à l’identique…

Y-a-t-il un endroit que tu affectionnes au théâtre ou dans la salle d’atelier ?

L’atelier de fabrication. J’aime bidouiller des petites choses, un peu à l’écart, au calme et voir apparaître quelque chose de nouveau.

L’Identité #4
© Cécile Dureux
© Cécile Dureux

« Consigne :
A partir du mot IDENTITÉ, trouver d’autres mots qui constituent celui-ci avec les mêmes lettres et ensuite écrire un texte.

IDENTITÉ

DENT
ÉTÉ
DIT
TENTE
TENTE
NE
NE
NIE
IDÉE
TITI
DÉNI
TIEN
DINE

Et bien y’a pas grand chose qu’on puisse tenter de récupérer dans l’identité à part peut être quelques dents qu’on aurait peut-être perdues un été en voulant dire, dit, à un titi, son chagrin ou son amour ou sa colère… Une idée comme ça qui nous serait venue, tiens ! après avoir dîné et qu’on aurait plus voulu être dans le déni, tiens ! de notre Super Identité ! Qu’on serait quelque chose quoi et puis peut-être même quelqu’un. Et c’est pas ce titi là qui allait nous en empêcher ; d’être au monde comme tout le monde ! Mais le monde, mais tout le monde a-t-il une Identité ? Tout le monde est-il marqué quelque part ? Tout le monde est-il né et pas nié ? »

Valérie Vivier

Portrait (chinois) d’intervenant #7

Catherine FourtyComédienne depuis 1987, Catherine Fourty intervient dans les ateliers depuis près de 25 ans, pour des jeunes allant du CP à Hypokhâgne. Elle travaille avec les terminales option théâtre du LEM.

Plus jeune, ce sont ses parents qui lui donnent le goût du spectacle lui faisant découvrir de nombreuses pièces, notamment les 4 Molière de Vitez ou les grands spectacles de Roger Planchon, qui l’ont beaucoup marqué.

Puis elle a rencontré Stéphane Braunschweig avec qui elle travaille sur sa première pièce confirmant son envie de devenir comédienne.

Elle se souvient particulièrement de Beaucoup de Bruit pour Rien, un atelier à Aubervilliers avec des premières et terminale option facultative théâtre : un groupe enragé ET attachant (avec beaucoup d’élèves d’Haïti, l’année du tremblement de terre…) et de deux spectacles au festival d’Avignon : Mahabharata par Satoshi Miyagi à la Carrière Boulbon et Les souliers de satin d’Antoine Vitez.

Comment décrirais-tu le Fracas ? C’est un théâtre que j’ai l’impression d’avoir toujours connu. Je m’en sens proche. Il est à taille humaine. Il fait partie de mon histoire. J’espère y jouer un jour !

Comment décrirais-tu ton atelier / ton travail ? J’adore venir travailler à Montluçon parce que j’aime beaucoup les profs avec lesquels je collabore. Et les élèves sont agréables et plutôt d’un bon niveau général. C’est un challenge excitant d’avoir 24 heures pour fabriquer ensemble 30 minutes à montrer au jury du bac. Les avancées entre la première et la dernière séance sont souvent magnifiques. On se sent utile.

Y-a-t-il un moment que tu préfères dans ton atelier ? Au spectacle ? J’aime le tout. C’est un ensemble. J’aime savoir que ce sera trop court. J’aime sentir qu’on  » tient  » quelque chose.
Je crie des « oui  » aux élèves quand ça va dans le bon sens !

Si tu étais une œuvre d’art ? Un peintre préraphaélite / Ernst Kirchner (peintre allemand du mouvement Brücke) / L’Alhambra de Grenade
Si tu étais un film ? Un film de Nikita Mikalkov ou de Kusturika
Si tu étais une musique ? Le bruit d’un ruisseau
Si tu étais un une pièce ? Un centime !!! … sérieusement : Tout Strindberg
Si tu étais un personnage de théâtre ? Une Héroïne de Brecht / de Tchekov / de Gabily
Si tu étais un accessoire ? Des bottines
Si tu étais un costume ? Une très volumineuse robe verte
Si tu étais un lieu du théâtre ? Les cintres
Si tu étais une petite souris dans le théâtre ? La Servante